Fables de La Fontaine - L’Homme entre deux âges et ses deux Maîtresses Antoine Parmentier - Baladiffusion “La Voix du Savoir”

Marguerite Duras - Baladiffusion “La Voix du Savoir”

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Marguerite Duras, pseudonyme de l’écrivaine et dramaturge française, née Marguerite, Germaine, Marie, Donnadieu, le 4 avril 1914 à Gia Dinh, près de Saïgon en Indochine. Morte le 3 mars 1996 à Paris. Son œuvre se distingue par la diversité de ses activités. Elle renouvela le genre romanesque et bouscula les conventions théâtrales et cinématographiques comme dialoguiste, scénariste et réalisatrice.

Biographie

La vie de Duras est un roman, celui qu’elle n’a cessé d’écrire, une histoire de chaleur et de pluie d’orage, d’alcool et d’ennui, de parole et de silence, de désir fulgurant aussi. On peut s’interroger longuement sur sa personnalité : méchante ou douce, géniale ou narcissique. Il faut avant tout la croire quand elle dit : « Je suis un écrivain. Rien d’autre qui vaille la peine d’être retenu. » Quelqu’un qui dit la nécessité, la difficulté, la terreur de dire. Pour que le monde soit vivable, il faut exorciser les hantises mais l’écriture revient autant à cacher qu’à dévoiler. Alors, Duras tâtonne, se reprend, cherche le mot juste, « essaie » d’écrire, comme on essaie d’aimer, en sachant qu’on n’y arrivera jamais tout à fait. Ses romans s’ordonnent souvent autour d’une explosion centrale, un instantané de violence qui donne naissance au discours : Hiroshima et l’amour, la mort et le désir physique, symboliquement mêlés. « Détruire, dit-elle. » Et cette parole s’apparente à la musique : elle est ce qui revient toujours, comme la mer, variation infinie sur un thème, litanie et célébration, maîtrise et débordement…

L’enfance coloniale

« Il reste toujours quelque chose de l’enfance, toujours… » (Des journées entières dans les arbres)

Ses parents se sont portés volontaires pour travailler dans les colonies de Cochinchine. Son père, Henri Donnadieu, est directeur de l’école de Gia Dinh, prés de Saïgon [1]. Sa mère, Marie, y est institutrice. Ils ont trois enfants : Pierre, Paul et Marguerite. Gravement malade, son père part se faire hospitaliser en métropole. Il meurt à 49 ans le 4 décembre 1921. Bénéficiant d’un congé administratif, la veuve Donnadieu retourne en France avec ses trois enfants. Ils habitent pendant deux ans dans la maison familiale du Platier, prés du village de Duras, dans le Lot et Garonne. En juin 1924, Marie Donnadieu repart avec ses enfants pour rejoindre sa nouvelle affectation à Phnom-Penh, au Cambodge. Elle ne veut pas y rester et est envoyée à Vinh Long puis à Sadec et à Saïgon. En 1928, elle rompt avec cette vie de nomade en achetant une des terres que l’administration coloniale incite à posséder. Trompée dans son acquisition, elle en sort ruinée et reprend l’enseignement. Cette expérience marquera profondément Marguerite et va lui inspirer nombre d’images fortes de son œuvre. (Un barrage contre le Pacifique, L’amant, L’amant de la Chine du Nord.)

En 1930, Marie Donnadieu trouve une pension et un Lycée à Saïgon, pour que sa fille puisse suivre des études secondaires. Son baccalauréat de philosophie en poche, Marguerite quitte l’Indochine en 1933, pour poursuivre ses études en France.

L’écriture

« Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait. » (Écrire)

À Paris, elle s’inscrit à la faculté[2] où elle rencontre Robert Antelme. Après avoir obtenu son diplôme de sciences politiques elle trouve un emploi de secrétaire au ministère des Colonies début juin 1938. Antelme est mobilisé dans l’armée à la fin de l’été. La guerre déclarée, Marguerite et Robert se marient le 23 septembre 1939. Au printemps 1940 son emploi lui donne l’opportunité de co-signer un livre avec Philippe Roque : L’Empire français, une commande de propagande du ministre Georges Mandel. Elle démissionne du ministère en novembre 1940. Dans la capitale occupée, Robert est engagé à la préfecture de police de Paris. Le couple s’installe rue Saint Benoît, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Marguerite est enceinte. Elle accouche d’un garçon mort-né. En 1942, elle trouve un emploi au Comité d’organisation du livre [3] où elle fait la connaissance de Dionys Mascolo. Au mois de décembre, elle apprend la mort de son frère Paul, en Indochine.

En 1943, l’appartement du couple devient vite un lieu de rencontres d’intellectuels où l’on discute littérature et politique. Marguerite se met à écrire et publie son premier roman Les Impudents. Elle le signe sous le nom de Duras, le village où se trouve la maison paternelle. Rejoint la résistance avec Robert et Dionys, dans le réseau dirigé par François Mitterrand (alias Morland). Le 1er juin 1944, leur groupe tombe dans un guet-apens. Robert est arrêté par la Gestapo. Secourue par Mitterrand, Marguerite Duras réussit à s’échapper. Au lendemain du débarquement des alliés, elle apprend que son mari a été emmené à Compiègne d’où partent les trains pour les camps de concentration [4]. En août, Paris se libère. À l’automne elle s’inscrit au Parti communiste français. Son nouveau roman, La Vie tranquille, est publié en décembre.

Marguerite attend le retour de son époux. À la Libération, en 1945, aidé par Mitterrand, Dionys viens le chercher au camp de Dachau. Antelme est moribond. Avec le secours d’un médecin, Marguerite Duras le soigne [5].

Marguerite divorce le 24 avril 1947 pour vivre avec Dionys Mascolo. Un fils, nommé Jean [6], naît le 30 juin de la même année. En 1950, la perte du Vietnam comme colonie française contraint sa mère à revenir en France. En mai, Marguerite Duras est exclue du PCF. C’est alors qu’elle est révélée par un roman d’inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique, qui paraît en juin. Sélectionné pour le Prix Goncourt, il le manque de peu. Nourries de son enfance, ses œuvres ultérieures ne cesseront de donner forme à son univers asiatique, où des personnages se débattront pour échapper à leur solitude. Elle paraîtra ainsi réécrire sans cesse les mêmes histoires où plusieurs figures obsédantes vont se rencontrer (Anne-Marie Streter, le vice-consul, la mendiante, l’amant chinois…).

Le cinéma et le Théâtre

« Dans l’image vous écrivez tout à fait, tout l’espace filmé est écrit » (Les yeux verts)

Elle se sépare de Dionys Mascolo en 1956. Elle rencontre Gérard Jarlot [7], journaliste à France-Dimanche, en 1957, année où meurt sa mère. Jarlot travaille avec elle pour diverses adaptations au cinéma et au Théâtre. Pour la première fois un de ses romans est adapté au cinéma. Il s’agit de Barrage contre le Pacifique que réalise René Clément [8]. En 1958, elle travaille pour des cinéastes en écrivant le scénario de Hiroshima mon amour avec Alain Resnais puis celui d’Une aussi longue absence pour Henri Colpi. En automne 1960, elle milite activement contre la guerre d’Algérie. En 1961, sa relation avec Gérard Jarlot prend fin. En 1963, elle achète un appartement dans l’ancien hôtel « les Roches noires » à Trouville. Premier succès au théâtre avec Des journées entières dans les arbres, joué par Madeleine Renaud en 1965. La multiplication de ses talents la fait maintenant reconnaître dans trois domaines : littéraire, cinématographique et théâtral. Elle met en scène des personnages puisés dans la lecture des faits divers. Elle innove sur le déplacement des acteurs, sur la musicalité des mots et des silences. Fatiguée par l’alcool, elle fait une cure et s’arrête de boire. Pendant « les évènements » de mai 1968, elle se trouve en première ligne au côté des étudiants contestataires, proteste contre les injustices, profère des phrases définitives sur le prolétariat.

Marguerite Duras touche alors au cinéma parce qu’elle est insatisfaite des adaptations de ses romans. Son premier film, Détruire, dit-elle est tourné en 1969. Ce titre évocateur défini son cinéma hors norme : celui du jeu des images, des voix et de la musique. « Ce n’est pas la peine d’aller à Calcutta, à Melbourne ou à Vancouver, tout est dans les Yvelines, à Neauphle. Tout est partout. Tout est à Trouville. […] Dans Paris aussi j’ai envie de tourner, […] L’Asie à s’y méprendre, je sais où elle est à Paris… » (Les yeux verts). Le 5 avril 1971, elle signe le Manifeste – avec, entre autres, Simone de Beauvoir et Jeanne Moreau – réclamant l’abolition de la loi contre l’avortement.

Elle tourne ensuite Nathalie Granger, dans sa maison de Neauphle-le-Château, India Song, dans le Palais Rothschild à Boulogne sur la musique de Carlos d’Alessio. Comme dans son travail pour le théâtre, elle innove jusqu’à la limite de l’expérimentation. Par le décalage entre l’image et le texte écrit, elle veut montrer que le cinéma n’est pas forcément narratif : La Femme du Gange est composé de plans fixes, Son nom de Venise dans Calcutta désert est filmé dans les ruines désertes du palais Rotschild en reprenant sa bande son d’India Song, Les Mains négatives, où elle lit son texte sur des vues de Paris désert la nuit. La limite extrême est atteinte dans L’Homme atlantique, avec sa voix sur une image complètement noire pendant trente minutes sur quarante. Après un voyage en Israël, en 1978, elle réalise Césarée, où elle évoque la ville antique sur des images du jardin des Tuileries.

L’alcool

« Vivre avec l’alcool, c’est vivre avec la mort à la portée de la main. » (La vie matérielle)

Duras vit maintenant seule dans sa maison de Neauphle. Depuis 1975, elle a renoué avec l’alcool. En 1980, elle est transportée à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye et reste hospitalisée pendant cinq semaines. À son retour, elle écrit à Yann Lemée, un jeune admirateur rencontré cinq ans plus tôt à Caen — à l’issue d’une projection-débat d’India Song [9]. Après six mois d’abstinence, elle sombre une nouvelle fois dans l’alcool. Serge July, rédacteur en chef de Libération, lui propose d’y tenir une chronique hebdomadaire tout l’été [10]. Un soir, Yann Lemée lui téléphone. Ils se retrouvent à Trouville. Elle l’héberge, en fait son compagnon et lui donne le nom de Yann Andréa.

En 1981, elle part au Canada pour une série de conférences de presse à Montréal et filme L’Homme atlantique en prenant son compagnon comme acteur. Parce que sa main tremble, Yann écrit sous sa dictée La Maladie de la mort. Elle accepte de faire une cure de désintoxication à l’Hôpital américain de Neuilly en octobre 1982 [11]. L’année suivante, Duras dirige Madeleine Renaud dans la pièce de théâtre, Savannah Bay, qu’elle a écrite pour elle.

En 1984, L’Amant est publié et obtient le Prix Goncourt. C’est un succès mondial[12]. Il fait d’elle l’un des écrivains vivants le plus lu. En 1985, elle soulève l’hostilité et déclanche la polémique en prenant position dans une affaire énigmatique qui captive l’opinion publique : l’affaire Grégory. Dans une tribune du quotidien Libération du 17 juillet, elle se montre convaincue de la culpabilité de la mère, « Sublime, forcément sublime Christine V. » du meurtre de son enfant, trouvé noyé en octobre 1984. De nouveau prisonnière de l’alcool, elle tente en 1987, de donner une explication à son alcoolisme dans son livre, La Vie matérielle.

Les cris et le silence

« Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. » (Écrire)

L’Amant devient le prochain projet de cinéma du producteur Claude Berri. À la demande de ce dernier, elle s’atèle à l’écriture du scénario, bientôt interrompu par une nouvelle hospitalisation. Elle restera six mois dans le coma. Pendant ce temps, le réalisateur Jean-Jacques Annaud est contacté. Il accepte de réaliser le film et se met à en faire l’adaptation. Marguerite Duras sort de l’hôpital en automne 1989 et reprend le projet en cours en rencontrant le cinéaste. La collaboration tourne court et le film se fera sans elle. Se sentant dépossédée de son histoire, elle s’empresse de la réécrire. L’Amant de la Chine du Nord est publié en 1992, juste avant la sortie du film. Duras a désormais des difficultés physiques pour écrire. Cependant, d’autres livres paraissent ; ils sont dictés ou retranscrits. Yann recueille ses mots pour un ultime livre qui paraît en 1995 sous le titre : C’est tout.

Le dimanche 3 mars 1996, à 8 heures, Marguerite meurt au 3e étage du numéro 5 de la rue Saint-Benoît. Elle allait avoir 82 ans. Les obsèques ont lieu le 7 mars, à l’église de Saint-Germain-des-Prés. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse. Sur sa tombe, son nom de plume, deux dates et ses initiales : M D.

Extrait de l’article Marguerite Duras de Wikipedia.

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Publié par  Christelle Membrey Christelle Membrey le 10 novembre 2006


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