Eric Tabarly - Baladiffusion “La Voix du Savoir”
Éric Tabarly (dit Le Sphynx de Bénodet, Le Sage de l’Océan, ou plus affectueusement Pépé) fut un navigateur français, né le 24 juillet 1931 à Nantes, disparu en mer le 13 juin 1998 sur son bateau fétiche Pen Duick.
Éric découvre la voile à l’âge de 3 ans à bord d’Annie, le bateau familial. En 1938, son père Guy Tabarly, achète le célèbre Pen Duick, signifiant mésange à tête noire en breton. Abandonné, envasé, le fils le sauvera plus tard en restaurant la coque de bois par de la résine.
En 1952 Il s’engage dans la marine nationale (dans l’aéronavale) dans le but de financer la restauration du voilier familial Pen Duick. Il sera gradé capitaine de corvette, détaché à temps plein par l’état français pour “courir les mers”.
Souhaitant participer à la course transatlantique en solitaire (Ostar) de 1964, il conçoit spécialement un bateau avec l’aide des architectes Gilles et Marc Costantini, Pen Duick II Ketch de 13,60 mètres construit en contre-plaqué marine pour un déplacement de 5,4 tonnes. Il remportera la course en franchissant le premier la ligne d’arrivée à Newport le 18 juin 1964 à 10h45. Il fut fait, suite à cet exploit qui fit redécouvrir la mer à la France, chevalier de la légion d’honneur des mains du général de Gaulle.
Il remportera une deuxième fois cette course mythique en 1976, à bord de Pen Duick VI, un voilier pourtant conçu pour être manœuvré par une quinzaine d’équipiers, et après la rupture en début de course de son pilote automatique ainsi qu’avec des conditions météo très difficiles. Suite à ce doublé, et après avoir gagné devant Alain Colas et son Club Méditerranée novateur, il descendra triomphalement les Champs-Elysées ! Cette même année, une émission des Dossiers de l’écran lui a été consacrée, au lendemain de sa seconde Ostar. Toujours en 1976, le quotidien sportif l’Équipe, suite à un sondage auprès de ses lecteurs, le distingua devant Eddy Merckx, Niki Lauda, Johan Cruyff…
Il a disparu en mer d’Irlande, face au pays de Galles, dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 lors d’une manœuvre en équipage à bord de Pen Duick. Son corps sera retrouvé plusieurs jours plus tard par des pêcheurs.
Éric Tabarly marquera plusieurs générations de skippers. En effet il a véritablement créé une « école française » de la course au large, en prenant à son bord et formant de nombreux équipiers qui s’illustreront par la suite, tels que Alain Colas, Olivier de Kersauson, Gérard Petitpas, Éric Loizeau, Marc Pajot, Daniel Gilard, Titouan Lamazou, Philippe Poupon…
Il marque également l’histoire de l’architecture maritime avec la construction et la mise au point de voiliers de compétitions novateurs exploitant les dernières évolutions techniques, et conçus avec une interprétation très fine de la jauge et des conditions de mer qui seront au programme de ses voiliers.
Pen Duick II (1964) : Ketch à déplacement léger (5,4 tonnes pour 13,60 mètres) manœuvrable par un homme seul
Pen Duick III (1966) : Coque aluminium, étrave en guibre pour 17,45 mètres et un gréement de goélette.
Pen Duick IV (1968) : Premier multicoque en aluminium de 20 mètres, gréé en ketch, équipé de deux mâts aile, et caractérisé par ses deux rails d’écoute en arc de cercle et ses flotteurs submersibles.
Pen Duick V (1969) : Sloop de 10,50 mètres caractérisé par sa ligne de carène et ses deux ballasts liquides lui permettant une pointe de vitesse et un équilibrage fin pour les allures portantes majoritaires dans la Transpacifique, course pour laquelle il a été conçu.
Pen Duick VI (1973) : Ketch de 22,25 mètres en aluminium déplaçant 32 tonnes équipé d’un lest de quille en uranium appauvri et caractérisé par une “queue de malet” sur le tableau arrière (petit bout dehors). Pen Duick VI démâtera plusieurs fois en course mais gagnera plusieurs records de traversée lors de ses différentes courses, démontrant des qualités marines et de vitesse supérieures à ses concurrents.
Paul Ricard (1979) : Trimaran de 16,50 mètres en aluminium déplaçant 7 tonnes. Il est caractérisé par son bras de liaison unique et profilé qui s’appuie sur deux petits flotteurs, eux même étant équipés de foils. Ce navire préfigure la mise en application sur les voiliers du principe du foil qui vise à faire déjauger le voilier puis à le sortir de l’eau pour ne plus le laisser en appui que sur ses foils. Ce principe est aujourd’hui mis en œuvre sur “L’Hydroptère” d’Alain Thébault. Eric Tabarly sera le premier marin à battre en 1980 le record de traversée de l’Atlantique nord détenu depuis 1905 par la goélette Atlantic de Charlie Barr ouvrant ainsi la course aux records de traversées effectuées par les multicoques.
Extrait de l’article Eric Tabarly de Wikipedia.
Publié par
Sebastien Rousset le 17 novembre 2006


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