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Gabriel Randon, dit Jehan-Rictus (Boulogne-sur-Mer, 23 septembre 1867 - Paris, 6 novembre 1933) est un poète français, célèbre pour ses œuvres composées en langue populaire.
Biographie
Il naquit à Boulogne-sur-Mer et passa les premières années de son enfance entre Paris et la Grande-Bretagne.
Sa mère, Adine-Gabrielle Randon, était né des amours ancillaires d’un militaire, Joseph Randon.
Son père, qui ne l’avait pas reconnu légalement, aurait été professeur de gymnastique et aurait travaillé pour la Cour d’Angleterre.
Gabriel avait 9 ans quand ses parents se séparèrent. La mère et l’enfant vinrent habiter Paris. Celle-ci était une caractérielle et avait pris son fils en grippe. Elle lui fit quitter l’école vers l’âge de 13 ans pour gagner sa vie. Entre 16 et 19 ans, il se sépara définitivement de cette mère avec qui il était en conflit permanent. Livré à lui-même, il survécut en exerçant divers petits métiers (livreur, manœuvre, balayeur, garçon de course, employé de commerce…). La vie ne lui fut guère clémente, et il se retrouva souvent sans toit, conduit à cotoyer les clochards et vagabonds de Paris.
Cependant il fréquentait surtout le Montmartre des artistes et des anarchistes, écrivant des poèmes (d’une facture encore classique) qui furent publiés dans des revues. À partir de 1889 il occupa divers postes d’employé de bureau, mais s’y montra particulièrement instable. C’est dans l’un de ces bureaux qu’il put se lier d’amitié avec Albert Samain. Les deux poètes s’aidèrent pour faire entendre leurs voix dans les milieux littéraires.
Vers 1892, il s’orienta vers le journalisme.
Puis lui vint l’idée de composer des poèmes où un clochard s’exprimerait dans le français populaire de l’époque. En 1895, il débuta au cabaret des Quat’z'Arts, sous le pseudonyme de Jehan Rictus, qu’il gardera. (Notons que, sur la fin de sa vie, l’auteur insistait pour qu’on mette un trait d’union à son pseudonyme, ce que de nombreux éditeurs, critiques, etc. ont omis, considérant « Jehan » comme un prénom et « Rictus » comme un faux patronyme.)
Il remporta un franc succès dans ce métier de chansonnier, et fut invité à réciter ses poèmes non seulement dans les cabarets mais dans des fêtes syndicales et politiques, et dans des dîners mondains.
En 1897 parut en souscription son premier recueil, Les Soliloques du pauvre. Vite épuisé le livre fut réédité par le Mercure de France. Il contient son poème le plus connu, Le Revenant, où un sans-abri croit rencontrer le Christ.
Un nouveau recueil Doléances en 1900, puis les Cantilènes du malheur en 1902, contenant en particulier La Jasante de la Vieille, où l’auteur fait parler la mère d’un guillotiné comme elle est venue se recueillir à la fosse commune où a été inhumé son fils.
Une édition refondu des Soliloques parut en 1903. Parée de nombreuses illustrations de Steinlen c’est son livre le plus connu. L’unique roman de l’auteur, Fil de fer, parut en 1906. Jehan-Rictus y évoque son enfance à la Poil-de-carotte. Parurent ensuite une pièce de théâtre en un acte, jouée en 1905 : Dimanche et lundi férié ou le Numéro gagnant, un essai pamphlétaire Un bluff littéraire : le cas Edmond Rostand en 1903, une pantomime la Femme du monde en 1909, d’autres poèmes isolés (la Frousse en 1903, les Petites Baraques en 1907).
Il contribua également à de nombreuses revues (L’Assiette au Beurre, Comoedia), jusqu’à la parution en 1914 de son second recueil poétique majeur, ..le Cœur populaire. Rictus fréquente le Lapin agile, où il rencontrera Guillaume Apollinaire, Max Jacob… Après la guerre, il ne publia quasiment plus.
Il revint sur le devant de la scène dans les années 1930, quand son amie la romancière Jeanne Landre publia Les Soliloques du Pauvre de Jehan Rictus, le premier livre à être consacré au poète, mais un facheux ouvrage tendant à établir une « légende Jehan Rictus ». En réalité le poète vivait correctement, bourgeoisement, de diverses ressources : droits d’auteurs, subsides publics et privés… Autre invention du poète : il serait petit-fils d’un Jacques Randon de Saint-Amant, comte et maréchal de France…
Il mourut à Paris en 1934 à 66 ans. Il n’avait plus rien publié depuis 1914 mais son œuvre continuait à être connue ; ainsi la chanteuse Marie Dubas avait fait en 1934 une interprétation de La Charlotte qui eut un grand succès (mais que l’auteur désapprouva). Il laisse un immense journal intime inédit.
Texte choisi :
Le Revenant extrait des “Soliloques du Pauvre” (1897)
I
Des fois je m’ dis, lorsque j’ charrie
À douète… à gauche et sans savoir
Ma pauv’ bidoche en mal d’espoir,
Et quand j’ vois qu’ j’ai pas l’ droit d’ m’asseoir
Ou d’ roupiller dessus l’ trottoir
Ou l’ macadam de « ma » Patrie,
Je m’ dis : — Tout d’ même, si qu’y r’viendrait !
Qui ça ?… Ben quoi ! Vous savez bien,
Eul’ l’ trimardeur galiléen,
L’ Rouquin au cœur pus grand qu’ la Vie !
De quoi ? Ben, c’lui qui tout lardon
N’ se les roula pas dans d’ beaux langes
À caus’ que son double daron
Était si tell’ment purotain
Qu’y dut l’ fair’ pondr’ su’ du crottin
Comm’ ça à la dure, à la fraîche,
À preuv’ que la paill’ de sa crèche
Navigua dans la bouse de vache.
Si qu’y r’viendrait, l’Agneau sans tache ;
Si qu’y r’viendrait, l’ Bâtard de l’ Ange ?
C’lui qui pus tard s’ fit accrocher
À trent’-trois berg’s, en plein’ jeunesse
(Mêm’ qu’il est pas cor dépendu !),
Histoir’ de rach’ter ses frangins
Qui euss’ l’ont vendu et r’vendu ;
Car tout l’ monde en a tiré d’ l’or
D’pis Judas jusqu’à Grandmachin !
L’ gas dont l’ jacqu’ter y s’en allait
Comm’ qui eût dit un ruisseau d’ lait,
Mais qu’a tourné, qui s’a aigri
Comm’ le lait tourn’ dans eun’ crém’rie
Quand la crémière à ses anglais !
(La crémièr’, c’est l’Humanité
Qui n’ peut approcher d’ la Bonté
Sans qu’ cell’-ci, comm’ le lait, n’ s’aigrisse
Et n’ tourne aussitôt en malice !)
Si qu’y r’viendrait ! Si qu’y r’viendrait,
L’Homm’ Bleu qui marchait su’ la mer
Et qu’était la Foi en balade :
Lui qui pour tous les malheureux
Avait putôt sous l’ téton gauche
En façon d’ cœur… un Douloureux.
(Preuv’ qui guérissait les malades
Rien qu’à les voir dans l’ blanc des yeux,
C’ qui rendait les méd’cins furieux.)
L’ gas qu’en a fait du joli
Et qui pour les muffs de son temps
N’tait pas toujours des pus polis !
Car y disait à ses Apôtres :
— Aimez-vous ben les uns les autres,
Faut tous êt’ copains su’ la Terre,
Faudrait voir à c’ qu’y gn’ait pus d’ guerres
Et voir à n’ pus s’ buter dans l’ nez,
Autrement vous s’rez tous damnés.
Et pis encor :
— Malheur aux riches !
Heureux les poilus sans pognon,
Un chameau s’ enfil’rait ben mieux
Par le petit trou d’eune aiguille
Qu’un michet n’entrerait aux cieux !
L’ mec qu’était gobé par les femmes
(Au point qu’ c’en était scandaleux),
L’Homme aux beaux yeux, l’Homme aux beaux rêves
Eul’ l’ charpentier toujours en grève,
L’artiss’, le meneur, l’anarcho,
L’entrelardé d’ cambrioleurs
(Ça s’rait-y paradoxal ?)
L’ gas qu’a porté su’ sa dorsale
Eune aut’ croix qu’ la Légion d’Honneur !
II
Si qu’y r’viendrait, si qu’y r’viendrait !
Tout d’un coup… ji… en sans façons,
L’ modèl’ des méniss’s économes,
Lui qui gavait pus d’ cinq mille hommes
N’avec trois pains et sept poissons.
Si qu’y r’viendrait juste ed’ not’ temps
Quoi donc qu’y s’ mettrait dans l’ battant ?
Ah ! lui, dont à présent on s’ fout
(Surtout les ceuss qui dis’nt qu’ils l’aiment).
P’têt’ ben qu’y n’aurait qu’ du dégoût
Pour c’ qu’a produit son sacrifice,
Et qu’ cette fois-ci en bonn’ justice
L’aurait envie d’ nous fout’ des coups !
Si qu’y r’viendrait… si qu’y r’viendrait
Quéqu’ jour comm’ ça sans crier gare,
En douce, en pénars, en mariolle,
De Montsouris à Batignolles,
Nom d’un nom ! Qué coup d’ Trafalgar !
Devant cett’ figur’ d’honnête homme
Quoi y diraient nos négociants ?
(Lui qui bûchait su’ les marchands)
Et c’est l’ Pap’ qui s’rait affolé
Si des fois y pass’rait par Rome
(Le Pap’, qu’est pus riche que Crésus.)
J’en ai l’ frisson rien qu’ d’y penser.
Si pourtant qu’y r’viendrait Jésus,
Lui, et sa gueul’ de Désolé !
II
Eh ben ! moi… hier, j’ l’ai rencontré
Après menuit, au coin d’eun’ rue,
Incognito comm’ les passants
Des tifs d’argent dans sa perrugue
Et pour un Guieu qui s’ paye eun’ fugue
Y n’était pas resplendissant !
Y n’est v’nu su’ moi et j’y ai dit :
— Bonsoir… te v’là ? Comment, c’est toi ?
Comme on s’ rencontr’… n’en v’là d’eun’ chance !
Tu m’épat’s… t’es sorti d’ ta Croix ?
Ça n’a pas dû êt’ très facile…
Ben… ça fait rien, va, malgré l’ foid,
Malgré que j’ soye sans domicile,
J’ suis content d’ fair’ ta connaissance
— C’est vraiment toi… gn’a pas d’erreur !
Bon sang d’ bon sang… n’en v’là d’eun’ tuile !
Qué chahut d’main dans Paris !
Oh ! là là, qué bouzin d’ voleurs :
Les jornaux vont s’ vend’ par cent mille !
— Eud’mandez : « Le R’tour d’ Jésus-Christ ! »
— Faut voir : « L’Arrivée du Sauveur !!! »
— Ho ! tas d’ gouapeurs ! Hé pauv’s morues,
Sentinell’s des miséricordes,
Vous savez pas, vous savez pas ?
(Gn’a d’ quoi se l’esstraire et s’ la morde !)
Rappliquez chaud ! Gn’a l’ fils de Dieu
Qui vient d’ déringoler des cieux
Et qui comme aut’fois est sans pieu,
Su’ l’ pavé… quoi… sans feu ni lieu
Comm’ nous les muffs, comm’ vous les grues !!!
— (Chut ! fermons ça… v’là les agents !)
T’entends leur pas… intelligent ?
Y s’ charg’raient d’ nous trouver eun’ turne.
(Viens par ici… pet ! crucifié.)
Tu sais… faurait pas nous y fier.
Déjà dans l’ squar’ des Oliviers,
Tu as fait du tapag’ nocturne ;
— Aujord’hui… ça s’rait l’ mêm’ tabac,
Autrement dit, la même histoire,
Et je n’ te crois pus l’estomac
De r’subir la scèn’ du Prétoire !
— Viens ! que j’ te r’garde… ah ! comm’ t’es blanc.
Ah ! comm’ t’es pâl’… comm’ t’as l’air triste.
(T’as tout à fait l’air d’un artiste !
D’un d’ ces poireaux qui font des vers
Malgré les conseils les pus sages,
Et qu’ les borgeois guign’nt de travers,
Jusqu’à c’ qu’y fass’nt un rich’ mariage !)
— Ah ! comm’ t’es pâle… ah ! comm’ t’es blanc,
Tu guerlott’s, tu dis rien… tu trembles.
(T’ as pas bouffé, sûr… ni dormi !)
Pauv’ vieux, va… si qu’on s’rait amis
Veux-tu qu’on s’assoye su’ un banc,
Ou veux-tu qu’on balade ensemble…
— Ah ! comm’ t’ es pâle… ah ! comm’ t’ es blanc,
T’ as toujours ton coup d’ lingue au flanc ?
De quoi… a saign’nt encor tes plaies ?
Et tes mains… tes pauv’s mains trouées
Qui c’est qui les a déclouées ?
Et tes pauv’s pieds nus su’ l’ bitume,
Tes pieds à jour… percés au fer,
Tes pieds crevés font courant d’air,
Et tu vas chopper un bon rhume !
— Ah ! comm’ t’ es pâle… ah ! comm’ t’ es blanc,
Sais-tu qu’ t’ as l’air d’un Revenant,
Ou d’un clair de lune en tournée ?
T’ es maigre et t’ es dégingandé,
Tu d’vais êt’ comm’ ça en Judée
Au temps où tu t’ proclamais Roi !
À présent t’ es comme en farine.
Tu dois t’en aller d’ la poitrine
Ou ben… c’est ell’ qui s’en va d’ toi !
— Quéqu’ tu viens fair’ ? T’ es pas marteau ?
D’où c’est qu’ t’ es v’nu ? D’en bas, d’en haut ?
Quelle est la rout’ que t’ as suivie ?
C’est-y qu’ tu r’commenc’rais ta Vie ?
Es-tu v’nu sercher du cravail ?
(Ben… t’ as pas d’ vein’, car en c’ moment,
Mon vieux, rien n’ va dans l’ bâtiment) ;
(Pis, tu sauras qu’ su’ nos chantiers
On veut pus voir les étrangers !)
— Quoi tu pens’s de not’ Société ?
Des becs de gaz… des électriques.
Ho ! N’en v’là des temps héroïques !
Voyons ? Cause un peu ? Tu dis rien !
T’ es là comme un paquet d’ rancœurs.
T’ es muet ? T’ es bouché, t’ es aveugle ?
Yaou… ! T’ entends pas ce hurlement ?
C’est l’ cri des chiens d’ fer, des r’morqueurs,
C’est l’ cri d’ l’Usine en mal d’enfant,
C’est l’ Désespoir présent qui beugle !
IV
— Ed’ ton temps, c’était comme aujord’hui ?
Quand un gas tombait dans la pure
Est-c’ qu’on l’ laissait crever la nuit
Sans pèz’, sans rif et sans toiture ?
— (Pass’ que maint’nant gn’a du progrès,
Ainsi quand gn’a trop d’ vagabonds
Ben on les transmet au Gabon.)
Ceux d’ bon gré et ceux d’ mauvais gré
Et ceuss comm’ toi qu’ont la manie
D’ trouver que l’ monde est routinier,
Ben on les fout dans l’ mêm’ pagnier.
(Dam ! le Français est casanier,
Faut ben meubler les colonies !)
— On parle encor de toi, tu sais !
Voui on en parle en abondance,
On s’ fait ta tête et on s’ la paie,
T’ es à la roue… t’ es au théâtre,
On t’ met en vers et en musique,
T’ es d’venu un objet d’ Guignol,
(Ça, ça veut dir’ qu’ tu as la guigne.)
— Ousqu’il est ton ami Lazare ?
Et Simon Pierre ? Et tes copains…
Et Judas qui bouffait ton pain
Tout en t’ vendant comme au bazar ?
Et tes frangins et ta daronne
Et ton dab, qu’était ben jean-jean !
Te v’là, t’es seul ! On t’abandonne !
— Et Mad’leine… ousqu’alle est passée ?
(Ah ! pauv’ Mad’leine… pauv’ défleurie,
Elle et ses beaux nénés tremblants,
Criant pitié, miaulant misère,
Ses pauv’s tétons en pomm’s d’amour
Qu’ étaient aussi deux poir’s d’angoisse
Qu’on s’ s’rait ben foutu dans l’ clapet.)
— C’était la paix, c’était la Vie.
Ah ! tout fout l’ camp et vrai, ma foi,
T’ aurais mieux fait d’ te mett’ en croix
Contr’ son ventr’ nu… contr’ sa poitrine,
Ces dardés-là t’euss’nt pas blessé,
Sûr t’aurais mieux fait… d’ l’embrasser :
A n’avait un pépin pour toi !
V
Ah ! Généreux !… ah ! Bien-aimé,
Tout ton monde y s’a défilé
Et comm’ jadis, au Golgotha :
Eli lamma Sabacthani,
Ou n, i, ni c’est ben fini.
Eh ! blanc youpin… eh ! pauv’ raté !
Tout ton Œuvre il a avorté
Toi, ton Étoile et ta Colombe
Déringol’nt dans l’éternité ;
Tu dois en avoir d’ l’amertume.
Même à présent quand la neig’ tombe :
(On croirait tes Ang’s qui s’ déplument !)
Là, là, mon pauv’ vieux, qué désastre !
Gn’en a pas d’ pareil sous les astres,
Et faut qu’ ça soye moi qui voye ça ?
Et dir’ que nous v’là toi z’et moi,
Des bouff-la-guign’, des citoyens
Qu’ ont pas l’ moyen d’avoir d’ moyens.
Et que j’ suis là, moi, bon couillon,
À t’ causer… à t’ fair’ du chagrin,
Et que j’ sens qu’ tu vas défaillir
Et que j’ai mêm’ rien à t’offrir,
Pas un verre… un bol de bouillon !
Ohé, les beaux messieurs et dames
Qui poireautez dans les Mad’leines,
Curés, évêques, sacristains,
Maçons, protestants, tout’ la clique,
Maqu’reaux d’ vot’ Dieu, hé ! catholiques,
Envoyez-nous un bout d’hostie :
G’na Jésus-Christ qui meurt de faim !
VI
— Et pourtant, vrai, c’ qu’on caus’ de toi !
(Ah ! faut voir ça dans les églises,
Dans les jornaux, dans les bouquins !)
Tout l’ monde y bouff’ de ton cadavre
(Mêm’ les ceuss qui t’en veul’nt le plus !)
Sous la meilleur’ des Républiques
Gn’en a qu’ ont voulu t’ décrocher,
D’aut’s inaugur’nt des basiliques
Où tu peux seul’ment pas coucher.
— Et tout ça s’ passe en du clabaud !
Et quand y faut payer d’ sa peau,
Quand faut imiter l’ Fils de l’Homme,
Oh ! là, là, gn’a rien d’ fait… des pommes !
Les sentiments sont vit’ bouclés,
À la r’voyure, un tour de clé !
Les uns y z’ont les pieds nick’lés,
Les aut’s y les ont en dentelles !
— (Toi au moins t’ étais un sincère,
Tu marchais… tu marchais toujours ;
(Ah ! cœur amoureux, cœur amer)
Tu marchais mêm’ dessur la mer
Et t’ as marché… jusqu’au Calvaire !)
— Et dir’ que nous v’là dans les rues
(Moi, passe encor, mais toi ! oh ! toi !)
Et nous somm’s pas si loin d’ Noël ;
T’es presque à poils comme autrefois,
Tout près du jour où ta venue
Troublait les luisants et les Rois !
Ah ! mes souv’nirs… ah ! mon enfance
(Qui s’est putôt mal terminée),
Mes ribouis dans la cheminée,
Mes mirlitons… mes joujoux d’ bois !
— Ah ! mes prièr’s… ah ! mes croyances !
— Mais ! gn’a donc pus rien dans le ciel !
— Sûr ! gn’a pus rien ! Quelle infortune !
(J’ suis mêm’ pas sûr qu’y ait cor la Lune.)
Sûr ! gn’a pus rien, mêm’ que peut-être
Y gn’a jamais, jamais rien eu…
VII
Mais à présent… quoi qu’ tu vas foutre ?
Fair’ des bagots… ou ben encor
Aux Hall’s… décharger les primeurs !
(N’ va pas chez Drumont on t’ bouff’rait)
Après tout, tu n’étais qu’un youtre !
— Si j’ te servais tes Paraboles !
Heureux les Simpl’s, heureux les Pauvres,
Eul’ Royaum’ des Cieux est à euss.
— (C’est avec ça qu’on nous empaume,
Qu’on s’ cal’ des briqu’s et des moellons)
Ben, tu sais, j’ m’en fous d’ ton Royaume ;
J’am’rais ben mieux des patalons
Eun’ soupe, eun’ niche et d’ l’amitié.
(Car quoiqu’ t’ ay’ ben fait ton métier
Toi, ton grand cœur et ta pitié,
N’empêch’nt pas d’avoir foid aux pieds !)
— Ainsi arr’gard’ les masons closes
Où roupill’nt ceuss’ qui croient en Toi.
Sûr qu’ t’es là, su’ des bénitiers
Dans les piaul’s… à la têt’ des pieux ;
Crois-tu qu’un seul de ces genss’ pieux
Vourait t’abriter sous son toit ?
VIII
Ah ! toi qu’on dit l’Emp’reur des Pauvres
Ben ton règne il est arrivé.
Tu d’vais r’venir, tu l’as promis,
Assis su’ ton trône et « plein d’ gloire »
Avec les Justes à ta droite ;
Et te v’là seul dans la nuit noire
Comm’ un diab’ qu’est sorti d’ sa boîte !
Sais-tu seul’ment où est ta gauche ?
Oh ! voui t’es là d’pis deux mille ans
Su’ un bout d’ bois t’ouvr’ tes bras blancs
Comme un oiseau qu’ écart’ les ailes,
Tes bras ouverts ouvrent… le ciel
Mais bouch’nt l’espoir de mieux bouffer
Aux gas qui n’ croient pus qu’à la Terre.
Oh ! oui t’es là, t’ouvr’ tes bras blancs
Et vrai d’pis Y temps qu’on t’a figé
C’ que t’en as vu des affligés,
Des fous, des sag’s ou des d’moiselles
Combien d’ mains s’ sont tendues vers toi
Sans qu’ t’aye pipé, sans qu’ t’aye bronché !
Avoue-le va… t’ es impuissant,
Tu clos tes châss’s, t’ as pas d’ scrupules,
Tu protèg’s avec l’ mêm’ sang-froid
L’ sommeil des Bons et des Crapules.
Et quand on perd quéqu’un qu’on aime,
Tu décor’s, mais tu consol’s pas.
Ah ! rien n’ t’émeut, va, ouvr’ les bras,
Prends ton essor et n’ reviens pas ;
T’ es l’Étendard des sans-courage,
T’ es l’Albatros du Grand Naufrage,
T’ es le Goëland du Malheur !
IX
Quiens ! ôt’-toi d’ là et prends ta course,
Débin’, cavale ou tu vas voir,
Aussi vrai qu’ j’ai un nom d’ baptême
Et qu’ nous v’là tous deux dans la boue,
Aussi vrai que j’ suis qu’eun’ vadrouille,
Un bat-la-crève, un fout-la-faim
Et toi un Guieu magasin d’ giffes.
Ej’ m’en vas t’ buter dans la tronche,
J’ vas t’ boulotter la pomm’ d’Adam,
J’ m’en vas t’ rincer, gare à ta peau !
En v’là assez… j’ m’en vas t’ saigner.
J’ai soupé, moi, des Résignés
J’ai mon blot des Idéalisses !
— Arrière, arrièr’, n’ va pas pus loin !
Un moment vient où tout s’ fait vieux,
Où les pus bell’s chos’s perd’nt leurs charmes :
(Oh ! v’là qu’ tu pleur’s, et des vraies larmes !
Tout va s’écrouler, nom de Dieu !)
— Ah ! je m’ gondole… ah ! je m’ dandine…
Rien n’ s’écroule, y aura pas d’ débâcle ;
Eh l’Homme à la puissance divine !
Eh ! fils de Dieu ! fais un miracle !
X
— Et Jésus-Christ s’en est allé
Sans un mot qui pût m’ consoler,
Avec eun’ gueul’ si retournée
Et des mirett’s si désolées
Que j’ m’en souviendrai tout’ ma vie.
Et à c’ moment-là, le jour vint
Et j’ m’aperçus que l’Homm’ Divin..
C’était moi, que j’ m’étais collé
D’vant l’ miroitant d’un marchand d’ vins !
On perd son temps à s’engueuler…

Jehan-Rictus_Les_Soliloques_du_pauvre_le-Revenant:
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19 novembre 2007

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Kazimir Sévérinovitch Malevitch (Малевич, Казимир Северинович autre orthographe : Malévitch) est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch est le créateur d’un courant artistique dénommé par lui : « suprématisme ».
Biographie
Né à Kiev (Ukraine) en 1878 de parents d’origine polonaise, il est décédé en 1935 à Léningrad.
Après une formation de dessinateur technique à Moscou en 1902, il développe en autodidacte son œuvre plastique qu’il décline au cours de sa vie dans une dizaine de styles différents : Réalisme, Impressionnisme, Symbolisme, Cézannisme, Fauvisme, Néoprimitivisme, Cubofuturisme, Cubisme alogique, Suprématisme, Supranaturalisme.
En 1915, il peint le célèbre “Carré noir”, manifeste de l’art abstrait, qui l’accompagnera tout au long de sa vie.
Avec la révolution de 1917, Malevitch accepte des fonctions institutionnelles comme enseignant et chercheur, et lutte pour la démocratisation.
En 1927, Malevitch part en voyage en Allemagne, il y laisse 70 tableaux et un manuscrit « Le suprématisme ou le monde sans objet », publié par le Bauhaus. Durant la guerre, une quinzaine de ses tableaux disparurent et ne furent jamais retrouvés, une partie se trouve au Stedelijk Museum d’Amsterdam et une autre au MoMA de New York.
Artiste prolifique, il ne cessera de peindre tout au long de sa vie.
En 1929, il fut traité par le pouvoir soviétique de subjectivisme et de rêveur philosophique. Au cours des années 1930, les besoins du pouvoir soviétique en matière d’art ayant évolué, Kasimir Malevitch sera sans cesse attaqué par la presse, perdra ses fonctions officielles - il sera même emprisonné et torturé. Même si les autorités lui décerneront des funérailles officielles en 1935, la condamnation de son œuvre et du courant suprématiste s’accompagnera d’un oubli de plusieurs décennies.
La reconnaissance de cet artiste interviendra à partir des années 70. Depuis lors, les nombreuses retrospectives à travers le monde ont consacré Kasimir Malevitch comme l’un des maîtres de l’art abstrait.
Son œuvre
De 1907 à 1935, participe à 35 expositions d’avant-garde en Russie et à l’étranger. Malevitch est un membre actif de l’avant-garde artistique russe et cotoie Kandinsky, Chagall, Matiouchine, El Lissitzky, Rodchenko.
Parallèlement à son œuvre plastique, Malevitch produit des textes théoriques sur l’art. Une vingtaine d’écrits paraissent entre 1915 et 1930, mais de nombreux manuscrits restent impubliés. Tous ne sont pas directement liés aux seules pratiques artistiques : ainsi par exemple, « La Paresse comme Vérité effective de l’homme », écrit en 1921 et publié aux éditions Allia en 1995 en langue française, texte révolutionnaire dans la mesure où le communisme lui-même y apparaît dépassable.
Son âme russe transparait dans les paysages et les scènes de la vie quotidienne avec une dominante du rouge et du vert, couleurs des icônes. Les gouaches des années 1910-1911 sont influencées par le fauvisme mais aussi par le primitivisme et le protocubisme. Dans les années 1912-1913, il produit des toiles cubistes et futuristes.
Le suprématisme
En 1915, Malévitch peint les quatre éléments fondateurs du suprématisme : le “Carré noir”, la “Croix noire”, le “Cercle noir” et le “Plan noir en mouvement”.
Maniant des formes simples à caractère géométrique et unicolores disposées sur la toile ou érigées dans le réel (architectones), le suprématisme montre le caractère infini de l’espace, et la relation d’attraction et de rejet des formes.
Pour Malevitch, l’art est un processus amenant la sensation (c’est-à-dire le rapport de l’artiste au monde) à se concrétiser en œuvre grâce à un module formateur étranger au support, « l’élément additionnel », qui structure la masse picturale ou les matériaux.
Suivant son appellation, le suprématisme se pose comme modèle supérieur de la finalité artistique d’art pur, dominant et formant dans son sillage l’art appliqué.
C’est sur la conception du rapport de l’art pur à l’art appliqué que Malevitch entre en conflit avec les constructivistes.
Extrait de l’article Kasimir Malevitch de Wikipedia
12 juin 2007

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Bernard Lamarche-Vadel, né en 1949 et mort le 2 mai 2000 à Saint-Sulpice, est un poète et écrivain français.
Biographie
Poète et auteur de nouvelles, il a composé une œuvre considérable et remarquée de critique d’art dans les années 1970, et en créant la revue Artistes (1979). Des revues comme L’Infini, Perpendiculaire, Ligne de risque ou Le trait se firent également l’écho de sa vision de l’art. Spécialiste d’Arman, de Tapiès, de Pierre Klossowski, il fut aussi le propagateur de l’œuvre de Joseph Beuys en France. Il est le conseiller artistique de la galerie Piltzer (1975), et organisa notamment une rétrospective Pablo Picasso au Metropolitan Museum de Tokyo (1977). C’est l’exposition Finir en beauté (qu’il organisa en 1981) qui le mènera vers la photographie. B.L-V était également un grand collectionneur d’art. Il se donne la mort en 2000 dans son château de la Rongère, laissant derrière lui cinq enfants dont Rebecca Lamarche-Vadel, présidente de l’association Art Effect, qui promeut l’art, sous tous ses aspects (photos, peintures, film…) auprès des jeunes.
Personnage de roman
Lamarche-Vadel, qui est devenu personnage de roman dans Le désespoir du singe de Danielle Robert-Guédon. Désigné par les initiales B.L-V c’est le portrait fascinant d’un solitaire, cloîtré dans son château de Mayenne, entouré de ses chiens, et de quelques visiteurs, vivant par l’art, pour l’art de la littérature. Danielle Robert-Guédon fait une description quasi amoureuse de l’écrivain. B.L-V devient, par la souffrance que chaque page laisse transparaître, le symbole de la création littéraire, la métaphore de l’artiste, détruit par son art.
Extrait de l’article Bernard_Lamarche-Vadel de Wikipedia
4 juin 2007

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Edward Hopper(22 juillet 1882 - 15 mai 1967) est un peintre réaliste américain.
Il fut principalement connu pour ses descriptions de la solitude, frissonnantes de réalisme, dans la vie contemporaine des Américains.
Biographie
Hopper entre à la New York School of Arts, où il suivra des études d’illustration puis de peinture, et où il sera l’élève de l’artiste Robert Henri, qui encourage ses étudiants à peindre de manière réaliste la vie urbaine et à « susciter des remous dans le monde ». Certains d’entre eux formeront plus tard le mouvement de l’Ash Can School. Au terme de ses études en 1906, Hopper entreprend des voyages en Europe notamment en Angleterre, aux Pays Bas, en Allemagne et en Belgique, bien qu’il séjourne la plupart du temps à Paris. En 1908, il s’installe définitivement à New York où il devient dessinateur publicitaire puis illustrateur. A cette époque il ne peint que rarement, la plupart du temps en été. 1909 est aussi l’année de sa première exposition en collaboration avec d’autres élèves de Henri à l’Harmonie Club de New York. S’en suit de nombreuses remises de prix comme l’Ada S. En 1924 il se marie avec Joséphine Verstille Nivison. Puis il est élu membre du National Institute of Arts and Letters en 1945, en 1953 il reçoit notamment le titre de « Doctor of Fine Arts » de l’Art Institute de Chicago. Hopper meurt en 1967, dans son atelier près de Washington Square, à New York. Sa femme, le peintre Josephine Nivison, qui est décédée dix mois plus tard, a légué son œuvre au Whitney Museum of American Art. D’autres œuvres importantes se trouvent au MoMA de New York et au Art Institute de Chicago.
Œuvres
En 1925, il peint House by the Railroad, qui marque le début de sa maturité artistique. C’est la première d’une série de scènes urbaines et rurales combinant lignes fines et larges, baignées d’une lumière crue et sans concession, dans laquelle les figures humaines, isolées, semblent être prises au piège. Les sujets sont empruntés à la vie quotidienne des Américains : stations service, motels, voies ferrées, rues désertes. Dans Nighthawks (1942, Art Institute of Chicago), son œuvre la plus connue, des clients esseulés sont assis au comptoir d’un diner dont les néons contrastent brutalement avec les ténèbres environnantes.
On retrouve dans ses scènes rurales de la Nouvelle-Angleterre, comme Gas (1940), la même mélancolie. Dans les sujets qu’il choisit, Hopper se rapproche d’un de ses contemporains américains, Norman Rockwell. Mais tandis que Rockwell glorifie l’imagerie des petites villes américaines, Hopper y dépeint la même solitude que dans ses scènes urbaines. Ici aussi, son travail repose sur de grands espaces vides, représentés par une station-service isolée au bord d’une route de campagne, et le fort contraste entre la lumière naturelle du ciel, tamisée par la forêt, et les néons blafards venant de l’intérieur de la station-service.
Extrait de l’article Edward Hopper de Wikipedia
12 mars 2007

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Biographie
René Magritte, peintre belge du mouvement surréaliste, est né le 21 novembre 1898 à Lessines, et mort le 15 août 1967 à Bruxelles.
Une caisse auprès de son berceau, la récupération d’un ballon de navigation échoué sur le toit de la maison familiale, la vision d’un peintre dans un cimetière… Trois souvenirs de sa petite enfance passée à Lessines, dans le Hainaut : Magritte gardera toute sa vie le goût du mystère et du contraste.
Son père est tailleur et sa mère modiste: leurs affaires marchent mal et son enfance se passe en déménagements de Gilly à Charleroi. Son adolescence commence tragiquement par le suicide de sa mère et il est confié à sa grand-mère. Il se passionne alors pour les films de Fantômas, lit Robert Louis Stevenson, Edgar Allan Poe, Maurice Leblanc et Gaston Leroux. Un an plus tard, lors d’une fête foraine à Charleroi, il rencontre une fille de treize ans dont le père est boucher à Marcinelle. Elle s’appelle Georgette et si la vie les sépare quelque temps, elle finit par les réunir pour toujours. Georgette, c’est « l’amour fou », la muse, l’unique modèle.
En 1916, Magritte s’inscrit à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et suit les cours de littérature de G. Van Eekhoud et ceux du peintre Constand Montald. Il y fait quelques rencontres - E. L. T. Mesens et Marcel Lecomte - qui l’introduisent dans le milieu Dada. Il doit à Marcel Lecomte, ou selon Louis Scutenaire à Mesens, sa plus grande émotion artistique : une reproduction de la Chanson d’amour [1] (parfois traduite le Chant d’amour [2]) de Giorgio de Chirico. « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois », écrira-t-il, en se souvenant de cette révélation. Il se lie aussi avec Paul Nougé et Louis Scutenaire. L’année 1926 est particulièrement riche : il peint soixante tableaux et est prêt pour une exposition personnelle à la Galerie Le Centaure.
Ensuite, c’est l’aventure parisienne et son amitié avec les Surréalistes français - André Breton, Paul Éluard, Max Ernst - et Salvador Dali. Il rentre à Bruxelles en 1930. Le succès vient lentement grâce au marchand Iolas et à l’Amérique. Le reste de sa vie se passe en expositions belges et internationales (New York, Rome, Rotterdam, Stockholm).
Il meurt d’un cancer à soixante-neuf ans. Il est enterré aux côté de son épouse Georgette au cimetière communal de Schaerbeek. Sa sépulture fait l’objet d’une procédure de classement comme monument et site.
Œuvre
« Il faut que la peinture serve à autre chose qu’à la peinture »
René Magritte.
Ses œuvres jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation. Par exemple, un de ses tableaux les plus célèbres est une image de pipe sous laquelle figure le texte « Ceci n’est pas une pipe » (la trahison des images, 1928-29). Il s’agit en fait de considérer l’objet comme une réalité concrète et non pas en fonction d’un terme à la fois abstrait et arbitraire. Pour expliquer ce qu’il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré ceci : « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau “ceci est une pipe”, j’aurais menti ! »
La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité. Magritte excelle dans la représentation des images mentales. Pour Magritte, la réalité visible doit être approchée de façon objectale. Il possède un talent décoratif qui se manifeste dans l’agencement géométrique de la représentation. L’élément essentiel chez Magritte, c’est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel. « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. Pour lui, la réalité ne doit certainement pas être approchée sous l’angle du symbole. Parmi les tableaux les plus représentatifs de cette idée, La Clairvoyance (1936) nous montre un peintre dont le modèle est un œuf posé sur une table. Sur la toile, le peintre dessine un oiseau aux ailes déployées.
Un autre tableau, La Reproduction interdite(1937) montre un homme de dos regardant un miroir, qui ne reflète pas le visage de l’homme mais son dos. De la même manière, la peinture n’est pas un miroir de la réalité.
Peintre de la métaphysique et du surréel, il a traité les évidences avec un humour corrosif, façon de saper le fondement des choses et l’esprit de sérieux. Il s’est glissé entre les choses et leur représentation, les images et les mots. Au lieu d’inventer des techniques, Magritte a préféré aller au fond des choses, user de la peinture qui devient l’instrument d’une connaissance inséparable du mystère:
« Dans mon enfance, j’aimais jouer avec une petite fille, dans le vieux cimetière désaffecté d’une petite ville de province. Nous visitions les caveaux souterrains dont nous pouvions soulever les lourdes portes de fer et nous remontions à la lumière, où un artiste peintre, venu de la capitale, peignait dans une allée du cimetière, très pittoresque avec ses colonnes de pierres brisées jonchant les feuilles mortes. L’art de peindre me paraissait alors vaguement magique et le peintre doué de pouvoirs supérieurs. » (Conférence, 1938, Magritte)
Extrait de l’article René Magritte de Wikipedia
19 février 2007

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Marc Chagall (biél. Марк Шаґал), ou de son vrai nom Moishe Zakharovich Shagalov (biél. Мойша Захаравіч Шагалаў) (Moishe Segal) est un peintre biélorusse d’origine juive. Il est né le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Biélorussie (laquelle formait à ce moment-là une partie dépendante de la Russie tsariste), et mort le 28 mars 1985 à Saint-Paul de Vence.
Il est l’un des artistes les plus connus du XXe siècle, installés en France, avec Picasso (1881-1973) et Matisse (1869-1954).
Aîné d’une famille de 9 enfants, il commence à travailler dans des ateliers à la fin de ses études. En 1910 il part étudier à Paris grâce à une bourse, et expose ses travaux pour la première fois en 1914. Il retourne ensuite en Russie à cause de la guerre. Là il continue à peindre et à exposer ; il conçoit des décors de théâtre et commence à écrire son autobiographie.
Il retourne en 1922 à Berlin puis à Paris. Ses œuvres sont connues aux États-Unis, où des expositions sont organisées. Au début des années 1930 il voyage beaucoup avec sa famille, mais en 1935 il prend la nationalité française pour fuir l’antisémitisme de l’Europe centrale. En 1941, devant l’avancée allemande il part pour l’Amérique. Sa femme, Bella, meurt en 1944 ; cet événement marque le choix de ses sujets à cette époque.
Après la guerre les œuvres de Chagall sont à nouveau exposées en Europe. Il retraverse l’Atlantique en 1948, pour s’installer à Vence, en France où il aide Frans Krajcberg à partir pour le Brésil.
Il se remarie en 1952 avec Valentina Brodsky (1889-1985).
Maeght vend ses œuvres à travers le monde entier. Ses techniques se diversifient : gravure, mosaïques, vitraux… Il continue de peindre des décors, conçoit des costumes pour l’opéra de la Flûte enchantée.
En 1973 a lieu l’inauguration du Musée national Message Biblique Marc Chagall à Nice, pour son 86e anniversaire.
Il finit sa vie à Saint-Paul de Vence, en France, célèbre et reconnu dans le monde entier.
On peut rattacher Chagall au courant surréaliste, dont il est l’un des composants majeurs, puisque son travail laisse une large part à son imagination et ses rêves. Si d’un mot, on pouvait caractériser son œuvre, on parlerait de « chromatisme onirique ».
Il dort, il est éveillé, Il prend une église et il peint avec une église , Il prend une vache et il peint avec une vache , Avec une sardine… (Blaise Cendrars)
Il s’est essayé à de nombreuses techniques graphiques : gouache, aquarelle, pastel, encre, collage, gravure sur cuivre et lithographie.
Bien que parfois engagée, son œuvre pleine de références au pays de son enfance, la Russie juive, semble souvent échapper totalement aux guerres qui l’entourent.
Il sait faire partager ses sentiments au travers de couleurs très vives et pleines de légèreté. Quand il peint son couple survolant sa ville natale, il montre un esprit bohème et souvent détaché de la réalité. Main dans la main avec sa compagne, il exprime alors un amour omni-présent et un regard bienveillant sur le monde. Son œuvre est tour à tour théâtre juif, message biblique, rêves ou images comme sortie de son inconscience:
Mon cirque se joue dans le ciel Il se joue dans les nuages parmi les chaises Il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière (Marc Chagall).
L’artiste semble se poser lui ou son couple en observateur du monde mais d’un monde bien coloré comme vu à travers des vitraux.
Extrait de l’article Marc Chagall de Wikipedia
8 janvier 2007

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Tiziano Vecellio ou Tiziano Vecelli, plus communément appelé Titien (Tiziano en italien), né vers 1490 à Pieve di Cadore, mort le 28 août 1576 à Venise, est un peintre italien, auteur d’une œuvre picturale considérable. Il est considéré comme un des 2 plus grands portraitistes de cette époque notamment grâce à son habileté à faire ressortir les traits de caractères des personnages.
Il est né à Pieve di Cadore (Frioul) vers 1490, dans une riche famille locale. Son père Gregorio Vecellio avait diverses charges, dont celles de capitaine de la milice, et d’inspecteur des mines.
On ne sait pas quelle éducation il a reçu : il ne connaissait probablement pas le latin, langue très importante à l’époque, et la majeur partie des lettres qui nous sont parvenues ont été écrite pour son compte par d’autres personnes. Tiziano s’est initié à la peinture en même temps que son frère Francesco. Les deux sont envoyés à Venise, vers l’âge de 9 ou 10 ans, pour étudier l’art. Ils commencent dans l’atelier de Sebastiano Zuccato un artiste en mosaïques. Après quatre ou cinq ans, Titien entre dans l’atelier du peintre Gentile Bellini, puis de son frère Giovanni Bellini, à cette époque l’artiste le plus réputé de Venise. C’est là qu’il fait la connaissance de Giorgio da Castelfranco, connu sous le nom de Giorgione. Deux ans plus tard Giorgione meurt de la peste et il est probable que de nombreux tableaux de Giorgione, inachevés, aient été terminés par Titien.
Titien peint trois fresques pour la Scuola di Sant’Antonio à Padoue, ville où il se rend en 1511. En 1516, à la mort de Giovani Bellini, il est nommé à sa suite peintre officiel de la République de Venise et établit un atelier sur le Grand Canal à San Samuele. De nombreux artistes contemporains y passèrent, dont Tintoret et Le Greco. En 1520, il exécute une importante commande pour la décoration du Palais des Doges (grande fresque qui sera détruite lors d’un incendie en 1577) et trois peintures de scènes mythologiques pour Alphonse Ier d’Este. Il est également chargé de faire tous les portraits des doges successifs, jusqu’en 1555 où la tâche incombe à Tintoret. Il a également de nombreuses commandes pour les notables vénitiens et les églises de la cité.
Trois ans plus tard, pendant un voyage à Ferrare, il fait la connaissance de Frédéric II Gonzague, marquis de Mantoue dont il fait le portrait et avec qui il travaille durant plus de 10 ans, décorant le château de Ferrare de fresques mythologiques. Fin 1522, il se rend à Mantoue où il rencontre le marquis Federico Gonzaga, qui lui commande près d’une quarantaine de tableaux. Il se lie d’amitié avec L’Arétin.
Dans cette même année 1530, il rencontre Charles V à l’occasion d’un voyage de l’empereur en Italie, par l’intermédiaire du marquis de Mantoue. Trois ans plus tard, Charles V lui accorde le titre de Conte Palatino et Cavaliere dello Sperone d’Oro, un honneur sans précédent pour un peintre. Il fait une série de portraits des proches de l’empereur.
En 1545 il se rend à Rome à l’invitation du pape Paul III. Le 16 mars il obtient la citoyenneté romaine, et rentre à Venise. La confrontation directe avec les œuvres de Michel-Ange influe énormément sur ce moment de sa carrière, qui connaît alors une “crise maniériste”, marquée par des compositions plus hardies et un coloris aux forts effets de contraste.
En 1548 il se rend à Augsbourg où se tient la Diète du Saint-Empire, présidée par Charles Quint, occasion pour lui de peindre de nombreux portraits de notables et de l’empereur lui-même. Puis il commence à travailler à sa série de Poesie pour le roi Phillipe II. Ces peintures représentent des nus féminins mythologiques, telles Danaé, Vénus et Adonis ou Diane et Actéon, et elles initient la dernière phase de Titien, caractérisée par une touche beaucoup moins graphique et plus libre, où les toiles achevées laissent même voir l’action du pinceau sur la toile; on dit même que Titien aurait peint avec ses doigts certains de ses tableaux à la fin de sa vie.
Il est élu avec Andrea Palladio et Jacopo Tintoretto à l’académie du dessin de Florence en 1566. Son dernier tableau connu est une Pietà, qu’il destinait à orner son tombeau : inachevée à sa mort, l’œuvre sera terminée par Palma il Giovane.
Il meurt le 27 août 1576, peut-être de la peste, plus probablement de vieillesse. Il est enterré dans l’église Santa Maria dei Frari à Venise.
Il aura réfusé à François 1er la décoration du château de Fontainebleau.
Extrait de l’article Le Titien de Wikipedia

Le Titien - Baladiffusion “La Voix du Savoir” [05:10m]:
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12 décembre 2006

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Yves Klein (né à Nice le 28 avril 1928, mort à Paris le 6 juin 1962) est un peintre français du XXe siècle. Malgré une carrière artistique assez courte (1954-1962), il est considéré comme un des plus importants protagonistes de l’après-guerre avant-gardiste. Il est notamment connu pour son bleu (IKB pour International Klein Blue) qu’il appliqua sur de nombreuses œuvres (toiles, sculptures, éponges…).
Né de parents artistes, Fred Klein et Marie Raymond, il ne s’oriente pas immédiatement vers une carrière artistique. En effet, il s’intéresse particulièrement au judo à partir de 1947, qui à l’époque est considéré comme une méthode d’éducation intellectuelle et morale visant à la maîtrise de soi et pas vraiment comme un sport. Il rencontre Armand Fernandez, le futur Arman lors de son apprentissage du judo. En 1952, il part se perfectionner au Japon où il devient ceinture noire, quatrième dan, grade qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. À son retour, il ouvre sa propre école de judo qu’il décore de monochromes, il doit la fermer l’année suivante pour des raisons financières.
Il découvre en 1947 la mystique des Rose-Croix. L’enseignement de l’ordre ésotérique de la Rose-Croix, dont il deviendra membre, ainsi que la lecture de Bachelard forgeront les bases de la pensée qui nourrira son œuvre. Les monochromes qu’il peint deviennent, pour lui, des objets de culte. Ses premières expériences picturales de petits monochromes sur carton datent de 1948. S’inspirant du ciel qu’il signe de son nom en 1949, il veut peindre un espace-couleur infini : le « monde de la couleur pure ».
Sa rencontre avec le critique Pierre Restany lors de ses premières expositions va lancer sa carrière artistique. En effet, à partir de 1955, il expose au Club des solitaires de Paris des monochromes de différentes couleurs (orange, vert, rouge, jaune, bleu, rose), sous le titre « Yves, peintures ». Afin d’éviter toute touche personnelle et inscription de dessins les tableaux sont peints au rouleau.
C’est vers 1956 qu’il met au point sa fameuse formule du lumineux bleu outremer (ou bleu ultramarin) qu’il baptise IKB, « International Klein Blue ». Ses premiers monochromes IKB sont exposés en 1957 et inaugurent son « époque bleue ».
En 1958, il repeint en blanc les murs de la galerie parisienne Iris Clert et les éclaire d’une lumière bleutée dans le cadre de « L’exposition du vide ». Les « Anthropométries », empreintes de corps de femmes nus et enduits de couleur bleue sur toiles blanches apparaîtront en 1960. De nombreuses « Anthropométries » ont été filmées comme de véritables événements, on peut en voir dans certains musées (Centre Pompidou entre autres).
Son bleu est officialisé en 1960 lorsqu’il dépose le brevet de sa formule sous le nom de l’IKB (International Klein Blue). « Le bleu n’a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs elles en ont … Toutes les couleurs amènent des associations d’idées concrètes … tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu’il y a de plus abstrait dans la nature tangible et visible. »
Yves Klein meurt d’une crise cardiaque en juin 1962.
30 novembre 2006

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“La prestidigitation (de preste et du latin digitus qui signifie doigt) est un art du spectacle réalisant des illusions pour divertir.
La prestidigitation signifie littéralement la rapidité des doigts, et pourtant tout bon magicien sait que la rapidité n’est pas le plus important, au contraire. Mais le mot est dit : magicien, car la prestidigitation relève de la magie. L’art de l’enchantement, ou comment matérialiser le rêve, le combiner avec l’impossible, défier la réalité et plonger le spectateur attentif dans ses rêves d’enfants.
Histoire
De la préhistoire à nos jours elle a toujours existé. Avant d’être un divertissement elle a servi à matérialiser le divin et s’est assimilée à la magie blanche et noire, elle a profité aux sorciers mais les a aussi desservis dans les bûchers de l’inquisition. Aujourd’hui encore elle est utilisée à des desseins peu avouables, pour tromper le quidam à un jeu d’argent ou pour fanatiser des membres de sectes.
Mais elle est pratiquée le plus souvent pour notre bonheur par des artistes dans le cadre du monde du spectacle. Le magicien fait apparaître et disparaître diverses choses, il défie la gravité, transforme la matière, lit dans les pensées, voit dans l’avenir, crée l’illusion de faire tout cela ! Il combine l’astuce de son tour avec une mise en scène théâtrale ou musicale.
Applications
La magie, en tant qu’art du spectacle, revêt plusieurs formes en fonction du lieu où elle est pratiquée et du type d’illusion déployée.
Le lieu : magie de scène, magie de rue, magie de salon et magie rapprochée (Close-up)
Les disciplines : la grande illusion, l’escapologie, la magie mentale, la cartomagie, le close-up (micromagie) , le pickpocketisme et tant d’autres.“
Extrait de l’article Prestidigitation de Wikipedia.
13 novembre 2006

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Le pop art est un mouvement artistique lancé dans les années 1960 par, entre autres, Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou encore Robert Rauschenberg. Le mot pop art (abrégé de « popular art ») a été prononcé pour la première fois en 1955 par Lawrence Alloway, un critique d’art anglais. Il désigne une production artistique d’inspiration britannique et surtout américaine, inspirée de la société populaire.
Le pop art trouve son inspiration dans la société de consommation qui se développe en Amérique avec la publicité, les magazines, les bande dessinées et comics, la télévision, etc. Il s’agit en fait d’un constat (parfois une critique) de la société de consommation américaine. Il se retrouve dans la mode, la musique et la danse.
L’accueil est très bon dès les débuts du mouvement, car le pop art est a priori simple et accessible. Les procédés utilisés par les artistes étaient souvent des nouveaux produits qui sortaient tout juste de cette société de consommation : acrylique, sérigraphie, etc. Les couleurs sont souvent vives et décalées par rapport à la réalité. Andy Warhol (1928-1987) est considéré comme l’un des apôtres du pop art.
Au-delà de la peinture, le pop art a usé de techniques picturales qui n’étaient auparavant pas considérées comme proprement artistiques, mais industrielles. Ce mouvement a perturbé le monde artistique d’autres manières, par exemple à travers la remise en cause du principe d’unicité d’une œuvre d’art. Andy Warhol reproduisait les siennes par centaines, parfois même par milliers, ce qui heurtait les idées classiques attribuant à une œuvre sa valeur car elle est unique.
Le pop art utilise des symboles populaires, qui marquent l’inconscient dès l’enfance. De Mickey Mouse à Marilyn Monroe, en passant par Mick Jagger, l’admiration quasi généralisée de certaines idoles y est exultée de manière neutre ou non, selon l’artiste. La culture publicitaire de la société de consommation est une autre source d’inspiration.
Extrait de l’article Pop Art de Wikipedia

Le Pop Art - Baladiffusion “La Voix du Savoir” [2:18m]:
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27 octobre 2006
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